L’instinct du mouvement : ce que la migration nous apprend sur le management de transition

Dans le monde animal, la migration n’est jamais un choix de confort, c’est une nécessité de survie. Elle intervient quand les ressources s’épuisent ou que l’environnement devient hostile. Pour une entreprise, faire appel au management de transition relève du même mécanisme : c’est admettre que pour franchir une étape critique, il faut injecter un mouvement que les ressources sédentaires ne peuvent plus générer.

La fin du sédentarisme managérial

Le manager classique est un sédentaire : il construit son nid, gère son territoire et s’inscrit dans une hiérarchie durable. Le manager de transition, lui, possède l’instinct des espèces migratrices. Sa force réside dans son détachement. Puisqu’il n’est pas là pour faire carrière, il n’a aucune peur politique. Comme l’oiseau migrateur qui survole les frontières sans s’y arrêter, il possède une vision panoramique des obstacles que ceux qui ont « le bec dans le guidon » ne voient plus.

La résilience par l’apport externe

La biologie nous enseigne que les écosystèmes les plus résilients sont ceux qui acceptent des flux extérieurs. En période de crise, une entreprise a tendance à se replier sur elle-même, risquant l’asphyxie. Le manager de transition agit comme un agent de brassage : il apporte des gènes de compétences nouveaux, acquis dans d’autres biotopes (autres secteurs, autres crises). Il ne vient pas pour s’installer, mais pour modifier les conditions de vie afin que l’organisation puisse à nouveau prospérer par elle-même.

L’économie de l’effort et la précision du geste

Dans la nature, chaque calorie dépensée doit être utile. Le manager de transition pratique cette économie de l’effort. Il n’est pas là pour plaire, mais pour être efficace. Son intervention est chirurgicale : identifier la faille, stabiliser le système, et passer le relais. Une fois sa mission accomplie, il reprend son vol vers d’autres territoires, laissant derrière lui une organisation plus robuste, capable de supporter la saison suivante.