Le Springer est l’un de ces chiens qui ne laissent pas indifférent. Athlétique, expressif, débordant d’énergie — vivre avec lui, c’est accepter un rythme de vie soutenu. Deux races portent ce nom : l’Épagneul Springer Anglais et l’Épagneul Springer Gallois, deux tempéraments proches mais avec leurs particularités. Si vous cherchez un chien de canapé, passez votre chemin. Si vous aimez courir, randonner ou chasser, continuez à lire.
Race ancienne, le Springer doit son nom à sa technique de chasse : il « springait » (bondissait) dans les fourrés pour faire lever le gibier. Aujourd’hui, cette aptitude s’est transformée en un besoin irrépressible de mouvement. Adopter un Springer, c’est signer pour minimum 1h30 de sortie par jour — et c’est une fourchette basse.
Springer Anglais et Springer Gallois : deux races à ne pas confondre
Le Springer Anglais, le plus répandu
L’Épagneul Springer Anglais est la variété la plus connue en France. Son pelage est blanc avec des taches fauves ou noires, ses oreilles longues et pendantes lui donnent un air presque mélancolique — trompeur, car l’animal est tout sauf apathique. Taille moyenne : entre 46 et 51 cm au garrot, pour 18 à 25 kg.
Son flair est exceptionnel. Les douanes britanniques l’utilisent comme chien de détection depuis des décennies. Cette intelligence olfactive en fait un chien facile à motiver lors de l’éducation — tant qu’on lui propose des exercices mentaux en plus du physique.
Le Springer Gallois, moins courant mais tout aussi remarquable
Le Springer Gallois est plus rare, plus compact, et arbore un pelage strictement rouge et blanc. Son caractère est légèrement plus indépendant que celui de son cousin anglais. Attaché à sa famille, il peut se montrer réservé avec les inconnus — une sociabilisation précoce est donc indispensable.
✅ À retenir
Springer Anglais = plus sociable, plus répandu, pelage tricolore ou bicolore. Springer Gallois = plus indépendant, pelage rouge et blanc uniquement, légèrement plus petit. Les deux ont besoin d’exercice intensif quotidien.
Le caractère du Springer : ce que personne ne vous dit vraiment
Un chien enthousiaste… parfois trop
Le Springer adore tout le monde. Les enfants, les autres chiens, les inconnus dans la rue — il accueille le monde entier comme s’il ne l’avait pas vu depuis six mois. Ce trait adorable peut devenir épuisant si le chien n’est pas éduqué rapidement. Un Springer qui saute sur les visiteurs à 25 kg, ce n’est plus mignon.
Heureusement, cette race répond très bien au renforcement positif. Friand de récompenses, il apprend vite — parfois trop vite, car il peut aussi développer des comportements indésirables avec la même facilité. Cohérence et régularité sont les deux mots d’ordre.
Stimulation mentale : aussi importante que le physique
Beaucoup de propriétaires font l’erreur de ne miser que sur les longues promenades. Un Springer épuisé physiquement mais pas mentalement reste agité, voire destructeur. Les activités qui fonctionnent le mieux :
- La recherche olfactive (mantrailing, pistage naturel)
- L’agility — sa morphologie athlétique en fait un concurrent redoutable
- Le rapport d’objets et les jeux de lancer en forêt
- Les séances de « nose work » à domicile
« Un Springer qui s’ennuie invente ses propres occupations — rarement celles que vous aviez prévues. »
— Observation commune des éducateurs canins spécialisés en races de chasse
⚠️ Santé du Springer : les points de vigilance
Les oreilles, premier problème de la race
Les longues oreilles pendantes du Springer créent un environnement chaud et humide — idéal pour les champignons et bactéries. Les otites à répétition touchent une part significative de la race. Vérifier les oreilles après chaque baignade ou sortie en forêt, les nettoyer avec un produit adapté une fois par semaine minimum : c’est non négociable.
Un signe d’alerte simple : le chien secoue la tête fréquemment ou se gratte une oreille. Ne pas attendre, consulter rapidement. Une otite mal traitée devient chronique en quelques semaines.
⚠️ À garder en tête
La dysplasie de la hanche touche environ 20 à 25% des Springers selon certaines études de races. Exiger les certificats de dépistage des parents lors de l’achat ou de l’adoption. Un chien non dépisté, c’est un risque financier et émotionnel important sur la durée.
Autres prédispositions à surveiller
Au-delà des oreilles et de la hanche, le Springer présente quelques fragilités spécifiques :
- Épilepsie familiale : plus fréquente chez l’Anglais que chez le Gallois
- Syndrome de rage du Springer : rare mais documenté — des épisodes d’agressivité soudaine et inexpliquée, sans lien avec la personnalité habituelle de l’animal
- Problèmes oculaires : entropion, cataracte précoce dans certaines lignées
- Obésité : paradoxalement fréquente chez les Springers peu actifs, qui compensent leur frustration par la nourriture
Pour un suivi sérieux de la santé de votre chien, consulter des ressources fiables comme Santé et soins des animaux peut vous aider à anticiper et mieux comprendre les besoins spécifiques de la race.
Vivre avec un Springer au quotidien
Espace et logement : le Springer en appartement, c’est possible ?
La réponse honnête : oui, mais à une condition stricte — vous sortez vraiment beaucoup. Un Springer en appartement avec deux sorties de 20 minutes par jour, c’est une catastrophe annoncée. À l’inverse, un propriétaire actif en ville qui court le matin, sort le midi et fait une longue balade le soir peut tout à fait satisfaire les besoins de la race.
La maison avec jardin reste le cadre idéal, mais le jardin ne remplace pas les sorties. Un Springer enfermé dans un jardin toute la journée tourne en rond et creuse des trous — il a besoin d’interactions humaines et de stimulations variées, pas juste d’espace.
1h30
durée minimale d’exercice quotidien recommandée pour un Springer adulte
Alimentation et entretien du pelage
Le pelage du Springer est mi-long, légèrement ondulé, avec des franges sur les oreilles, la poitrine et les pattes. Un brossage deux à trois fois par semaine évite les nœuds. Après une sortie en forêt, vérifier systématiquement les oreilles et les espaces interdigitaux pour les tiques et les épillets — ces petites graines qui peuvent perforer la peau et migrer dans les tissus.
Côté alimentation, une ration adaptée à son niveau d’activité réel. Un Springer chasseur ou pratiquant l’agility intensivement n’a pas les mêmes besoins caloriques qu’un compagnon de randonnée occasionnel. Attention aux croquettes « premium » trop riches pour un chien peu actif.
Le matériel du quotidien
Chien de taille moyenne très actif, le Springer a besoin d’équipements pensés pour durer. Harnais de sport, laisse longue pour le rappel, jouets résistants pour le mordillage — rien de superflu, mais rien de bas de gamme non plus. Si vous avez aussi de petits chiens à la maison, la question des accessoires adaptés à chaque gabarit se pose rapidement : l’article Accessoires pour petits chiens : ce qui change vraiment au quotidien donne des repères utiles pour ne pas mélanger les équipements.
💡 Notre conseil
Inscrire votre Springer à un cours d’éducation canine dès ses 3-4 mois, avant que les mauvaises habitudes ne s’installent. Cette race apprend vite — dans les deux sens. Un bon départ avec un éducateur positif vous évitera des mois de reprise en main.
🎯 Adopter un Springer : à qui s’adresse vraiment cette race ?
Le profil idéal du propriétaire
Soyons directs : le Springer n’est pas une race pour tout le monde. Il correspond à des profils précis :
- Personnes sportives ou très actives, disponibles pour de longues sorties quotidiennes
- Familles avec enfants qui savent interagir avec les chiens — le Springer est joueur et endurant
- Chasseurs : c’est son terrain de prédilection naturel, sa mémoire olfactive et son instinct sont remarquables
- Propriétaires prêts à investir du temps dans l’éducation dès le plus jeune âge
Ce qui peut freiner l’adoption
| ✅ Points forts | ⚡ Points de vigilance |
|---|---|
| Caractère doux et affectueux Excellent avec les enfants Très intelligent, facile à motiver Polyvalent : chasse, sport, compagnie |
Besoins en exercice très élevés Otites fréquentes à surveiller Risque de dysplasie de hanche Destructeur si sous-stimulé |
Le prix d’un chiot Springer dans un élevage sérieux (avec tests génétiques des parents) tourne entre 1 200 et 1 800 €. Méfiance pour les prix inférieurs à 800 € — les économies faites à l’achat se paient souvent en frais vétérinaires ensuite. L’adoption en refuge reste une option valable, particulièrement pour des adultes dont le caractère est déjà connu.