Le pékinois est une contradiction vivante : un chien minuscule qui s’ignore royalement. Originaire des palais impériaux de Chine, il a traversé les siècles avec une assurance que bien des races plus imposantes lui envieraient. Aujourd’hui encore, il se comporte moins comme un animal de compagnie que comme un hôte tolérant vos présence chez lui.
Avant d’adopter un pékinois, mieux vaut savoir dans quoi on s’embarque. Ce n’est pas la race idéale pour tout le monde — et c’est précisément pour ça qu’elle reste attachante pour ceux qui lui correspondent vraiment.
Les origines du pékinois : 2 000 ans de palais impériaux
Une race née pour les empereurs
Le pékinois est l’une des plus anciennes races documentées du monde. Sélectionné en Chine depuis au moins le VIIIe siècle, il était réservé exclusivement à la famille impériale. Voler un pékinois pouvait valoir la peine de mort. Ce n’est pas une anecdote — ça explique beaucoup de choses sur son caractère actuel.
En 1860, lors du sac du Palais d’Été par les troupes franco-britanniques, cinq pékinois furent ramenés en Europe. L’un d’eux fut offert à la reine Victoria. La race se répandit ensuite en Occident, inscrite au LOF (Livre des Origines Français) dès le début du XXe siècle.
Un standard bien précis
La FCI (Fédération Cynologique Internationale) classe le pékinois en groupe 9, section des chiens d’agrément et de compagnie. Son standard décrit un chien de petit format, trapu, avec une silhouette légèrement poire : plus lourd à l’avant qu’à l’arrière. Le poids idéal oscille entre 3,2 et 6,4 kg, la taille ne dépassant pas 25 cm au garrot.
2 000 ans
d’histoire sélective derrière le pékinois — l’une des races les plus anciennes reconnues
🎭 Le caractère du pékinois : souverain, pas servile
Une indépendance revendiquée
Oublions le cliché du petit chien collant et anxieux. Le pékinois est indépendant, parfois têtu, toujours digne. Il peut passer une bonne partie de la journée à observer son environnement depuis un coussin surélevé sans manifester le moindre besoin d’attention — puis décider d’un coup qu’une séance de câlins s’impose, à ses conditions.
Cette autonomie le rend agréable à vivre pour les personnes actives ou les seniors : il ne supporte pas mal la solitude courte, à condition d’avoir été habitué progressivement. Par contre, l’isolement prolongé quotidien le rend anxieux et destructeur.
Avec les enfants et les autres animaux
Le pékinois n’est généralement pas recommandé dans les familles avec de jeunes enfants turbulents. Pas parce qu’il est agressif — mais parce qu’il ne tolère pas d’être manipulé brusquement, et n’hésitera pas à gronder si on le bouscule. Avec des enfants calmes, respectueux de son espace, il s’entend bien.
Avec d’autres chiens, il peut être dominant malgré sa taille. Croiser un pékinois avec un golden retriever dans un appartement ? Ça peut marcher, à condition que la socialisation ait été faite tôt et correctement.
💡 Notre conseil
Socialisez le pékinois dès ses 8-12 semaines : exposition à des enfants, d’autres races, des bruits variés. Un pékinois mal socialisé devient un petit dictateur difficile à vivre — ce qui n’est amusant pour personne, lui compris.
Santé du pékinois : des points de vigilance spécifiques
Les problèmes liés à la morphologie brachycéphale
Le pékinois appartient aux races brachycéphales — museau court, crâne aplati. Cette morphologie est à l’origine de plusieurs problèmes respiratoires regroupés sous le terme SORB (Syndrome Obstructif des Races Brachycéphales). Les signes à surveiller : ronflements forts, essoufflement rapide à l’effort, cyanose des gencives par forte chaleur.
En été, la vigilance est absolue. Un pékinois peut développer un coup de chaleur en moins de 20 minutes dans une voiture garée au soleil. Jamais d’exercice intense entre 12h et 17h de juin à septembre.
Les yeux et la peau
Les yeux globuleux du pékinois sont exposés aux traumatismes, aux ulcères cornéens et aux conjonctivites. Un nettoyage quotidien des plis cutanés autour du nez et des yeux est indispensable — ces zones humides sont des foyers d’infection idéaux si on les néglige.
- Nettoyage des plis faciaux : tous les jours avec une compresse humide
- Contrôle des yeux : rougeur, larmoiement excessif, opacité = consultation rapide
- Nettoyage des oreilles : une fois par semaine minimum
- Détartrage dentaire : régulier, les petites races accumulent le tartre vite
Pour tout ce qui concerne la gestion médicale au quotidien, la section Santé et soins des animaux donne un bon cadre général applicable aux races de petite taille.
⚠️ À garder en tête
Certaines compagnies aériennes refusent les races brachycéphales en soute, voire en cabine, en raison des risques respiratoires liés à la pression et à la chaleur. Vérifiez les conditions avant tout voyage avec votre pékinois.
Espérance de vie et maladies fréquentes
Un pékinois en bonne santé vit entre 12 et 15 ans. Certaines chiennes atteignent 16-17 ans. Les pathologies les plus fréquentes dans cette race sont :
- Luxation de la rotule (grade variable, parfois opérable)
- Hernie discale — la colonne courte et le poids concentré à l’avant fragilisent les disques
- Problèmes dentaires chroniques
- Dermatites des plis
🐾 Entretien du pelage : plus de travail qu’il n’y paraît
Un manteau double couche qui demande du temps
Le pékinois possède un double manteau impressionnant : sous-poil dense et court, poil de couverture long et droit. Le rendu visuel est magnifique — le travail derrière l’est moins. Sans brossage régulier, les nœuds s’installent en quelques jours, surtout derrière les oreilles et aux aisselles.
Comptez 20 à 30 minutes de brossage deux à trois fois par semaine, avec un peigne à dents larges pour les nœuds et une brosse à poils doux pour finir. Un toilettage professionnel tous les 2-3 mois est conseillé pour les propriétaires qui ne maîtrisent pas la tonte.
Peut-on tondre un pékinois ?
Oui, mais avec nuance. La coupe « lion » ou « teddy bear » est populaire pour simplifier l’entretien. Elle réduit les nœuds et améliore le confort en été. Le sous-poil repousse normalement. Seule mise en garde : après une tonte profonde, le pelage peut parfois repousser avec une texture légèrement différente.
✅ À retenir
Brossage 2-3 fois/semaine, nettoyage des plis quotidien, bain toutes les 4-6 semaines avec un shampoing adapté aux poils longs. L’investissement en entretien est réel — prévenez-en les futurs propriétaires avant adoption.
Exercice et mode de vie : moins n’est pas forcément mieux
Un chien d’appartement, oui — mais pas sédentaire
Le pékinois s’adapte parfaitement à la vie en appartement. Il n’a pas besoin d’un jardin et supporte bien les espaces réduits. Mais ça ne signifie pas qu’il n’a pas besoin de sortir. Deux promenades quotidiennes de 15 à 20 minutes chacune suffisent — l’important, c’est la régularité et la stimulation olfactive, pas la distance.
Évitez les efforts intenses : courses, sauts répétés, escaliers en grande quantité. La morphologie brachycéphale et la fragilité discale imposent des limites réelles. Le pékinois le dit rarement lui-même — à vous d’anticiper.
Accessoires adaptés à sa morphologie
Harnais plutôt que collier — systématiquement. La trachée des brachycéphales est fragile ; une laisse attachée au collier peut provoquer des dommages respiratoires en cas de traction. Un harnais ventral ou dorsal de bonne taille s’impose dès le premier jour.
Pour tout le reste — gamelles surélevées, coussins orthopédiques, brosses adaptées au double manteau — la sélection d’Accessoires pour petits chiens : ce qui change vraiment au quotidien donne de bons repères concrets pour cette catégorie de gabarit.
Adopter ou acheter un pékinois : ce qu’il faut vérifier
Élevage sérieux vs opportunisme
Un pékinois inscrit au LOF chez un éleveur agréé coûte entre 800 et 1 800 € selon le pedigree et la réputation de l’élevage. Un prix très bas (moins de 400 €) doit alerter : conditions d’élevage douteuses, absence de suivi vétérinaire, sélection génétique inexistante.
Les critères à vérifier impérativement avant d’acheter :
- Inscription des parents au LOF avec confirmation de race
- Bilan de santé à jour, primo-vaccination et identification par puce
- Possibilité de voir la mère avec ses chiots dans leur environnement
- Test de comportement du chiot : ni trop craintif, ni agressif au contact humain
L’adoption, une option réelle
Des pékinois adultes attendent en refuge ou en famille d’accueil — souvent pour des raisons liées à des décès, des séparations, ou des propriétaires qui n’avaient pas mesuré les contraintes d’entretien. Adopter un adulte a des avantages concrets : caractère déjà formé, besoins connus, souvent déjà propre. Les associations spécialisées dans les races de petite taille ou les brachycéphales sont un bon point de départ.
| 🐕 Chiot en élevage LOF | 🏠 Adulte en adoption |
|---|---|
| Socialisation à façonner dès le départ Caractère encore malléable Coût élevé (800-1 800 €) Pedigree traçable |
Caractère connu et stable Propreté souvent acquise Coût réduit (frais d’adoption) Aide un animal en attente |
Questions fréquentes
Le pékinois est-il un chien facile à éduquer ?
Non, le pékinois n’est pas réputé pour sa docilité. Son indépendance et son tempérament fort rendent l’éducation plus exigeante que pour des races plus coopératives. Il répond bien au renforcement positif — friandises, félicitations — mais supporte mal les méthodes autoritaires. La constance et la patience sont indispensables. Un cours de bases en école canine dès les premiers mois aide vraiment.
Combien de fois par jour faut-il sortir un pékinois ?
Deux à trois sorties par jour suffisent généralement pour un pékinois adulte. Chaque promenade peut durer 15 à 20 minutes à allure tranquille. L’essentiel est la régularité et la stimulation olfactive — laisser le chien renifler librement pendant la balade est autant une stimulation mentale qu’un exercice physique. En été, sortez tôt le matin et en soirée pour éviter la chaleur.
Quelle différence entre un pékinois croisé et un pékinois de race pure ?
Un pékinois croisé hérite d’une partie des caractéristiques de la race mais aussi de l’autre parent. Le caractère et la morphologie peuvent varier sensiblement. Un croisé avec une race moins brachycéphale aura souvent moins de problèmes respiratoires. Le pékinois de race pure inscrit au LOF offre une traçabilité génétique complète et un caractère plus prévisible, mais sans garantie d’absence de pathologies héréditaires.
Le pékinois s’entend-il bien avec les chats ?
Oui, dans la grande majorité des cas, à condition que l’introduction se fasse progressivement. Le pékinois n’a pas un instinct de chasse développé et tolère bien les chats s’il les a côtoyés jeune. L’inverse est aussi vrai : un chat dominant peut intimider un pékinois sans que celui-ci cherche vraiment le conflit. Une introduction en territoire neutre sur quelques jours facilite la cohabitation.
Quel budget prévoir pour un pékinois sur une année ?
En dehors du prix d’achat ou des frais d’adoption, comptez entre 1 200 et 2 000 € par an pour un pékinois : alimentation qualitative (150-250 €), frais vétérinaires annuels dont vaccins et rappels (200-400 €), toilettage professionnel toutes les 8-12 semaines (300-600 €), accessoires et jouets (100-200 €). Les soins ophtalmologiques ou orthopédiques peuvent alourdir significativement la note certaines années.