Un lévrier qui traîne sur le canapé toute la journée, c’est la première chose qui surprend les gens qui en adoptent un. On imagine ces chiens comme des fusées, incapables de rester immobiles — et pourtant, la plupart des lévriers sont de véritables experts de la sieste. Rapides à la course, calmes à la maison : voilà le paradoxe qui rend cette famille de chiens si attachante.
Les lévriers forment un groupe à part dans le monde canin. Leur morphologie longiligne, leur vitesse hors du commun et leur sensibilité particulière en font des animaux qui nécessitent une approche spécifique. Que vous envisagiez d’adopter un Greyhound, un Whippet, un Sloughi ou un Lévrier italien, quelques points méritent d’être bien compris avant de franchir le pas.
Qu’est-ce qu’un chien lévrier ?
Une définition par la morphologie et la fonction
Le terme « lévrier » désigne un groupe de races sélectionnées pour la chasse à vue — c’est-à-dire en repérant la proie à l’œil nu plutôt qu’au flair. Ce mode de chasse a conduit à un type morphologique très reconnaissable : tête longue et fine, poitrail profond, abdomen très relevé, membres longs et musclés. Ces chiens courent à une vitesse impressionnante. Le Greyhound, par exemple, atteint 70 km/h en quelques foulées, ce qui en fait l’un des animaux terrestres les plus rapides au monde.
La FCI (Fédération Cynologique Internationale) regroupe les lévriers dans son groupe 10. On y trouve des races très différentes en taille et en origine géographique, mais toutes partagent cette silhouette caractéristique et cet instinct de poursuite.
Les grandes races de lévriers
Le groupe est plus diversifié qu’on ne le croit. Voici les races les plus connues :
- Greyhound (Lévrier anglais) : le plus rapide, très utilisé dans les courses. Doux et discret en famille.
- Whippet : format intermédiaire, souvent appelé « Greyhound du pauvre ». Affectueux, polyvalent, excellent avec les enfants.
- Lévrier italien (Piccolo Levriero Italiano) : le plus petit de la famille, pèse entre 3 et 5 kg. Très attaché à son maître, frileux.
- Sloughi : originaire d’Afrique du Nord, race ancienne et réservée avec les étrangers. Robuste dans les environnements arides.
- Saluki : venu du Moyen-Orient, considéré comme l’une des plus vieilles races du monde. Élégant, indépendant.
- Borzoi (Lévrier russe) : grand et majestueux, avec un pelage long. Tempérament calme mais caractère bien trempé.
- Galgo espagnol : proche du Greyhound, souvent adopté via des associations de sauvetage en Espagne.
Le caractère du lévrier : ce qui surprend vraiment
Calme à la maison, explosif dehors
Beaucoup de futurs propriétaires s’attendent à un chien hyperactif. C’est une erreur fréquente. Le lévrier dépense son énergie en sprints courts et intenses, puis récupère longuement. Un adulte en bonne santé se contente souvent de deux sorties par jour de 30 à 45 minutes, à condition que l’une d’elles lui permette de courir librement dans un espace sécurisé.
Ce besoin de courir librement est non négociable. Le lévrier a un instinct de poursuite très fort — il peut s’élancer sur un lapin ou un chat à plusieurs centaines de mètres, sans entendre vos rappels. Un jardin clôturé (minimum 1,80 m de hauteur) ou des espaces clôturés spécialisés sont indispensables.
Sensibilité et vie en famille
Le lévrier est souvent décrit comme un chien « gentilhomme ». Peu agressif, rarement aboyeur, il s’intègre bien dans une famille équilibrée. Sa sensibilité est réelle : il supporte mal les éclats de voix, les environnements stressants ou les méthodes éducatives basées sur la punition. Le renforcement positif fonctionne bien mieux avec ces animaux.
Avec les enfants, le bilan est globalement positif — surtout pour des races comme le Whippet. Quelques nuances s’imposent toutefois : le Lévrier italien, très fragile physiquement (os fins, peu de masse musculaire), ne convient pas à des enfants en bas âge trop brusques. Pour les Accessoires pour petits chiens : ce qui change vraiment au quotidien, les spécificités des petits lévriers rejoignent souvent celles d’autres races miniatures.
Cohabitation avec d’autres animaux
La cohabitation avec un chat ou un petit animal dépend beaucoup de l’individu et de son passé. Un Greyhound ex-coureur, habitué aux lièvres mécaniques, peut présenter un instinct de prédation fort. Certains s’adaptent très bien à un chat après une introduction progressive ; d’autres ne s’y feront jamais. Il faut évaluer chaque chien au cas par cas, souvent avec l’aide de l’association ou du refuge d’où il vient.
Santé, entretien et besoins spécifiques
Une physiologie particulière
Le lévrier n’est pas un chien comme les autres sur le plan médical. Sa faible masse graisseuse et son métabolisme particulier ont plusieurs implications concrètes :
- Il réagit différemment à certaines anesthésies (notamment les barbituriques). Tout vétérinaire qui opère un lévrier doit en être informé.
- Il est sensible au froid. Un manteau en hiver n’est pas un caprice — c’est une nécessité pour les races à poil ras comme le Greyhound ou le Whippet.
- Il manque souvent de coussinets épais et de protection naturelle contre les surfaces dures.
Les lévriers sont aussi prédisposés à certaines pathologies : problèmes dentaires (surtout le Lévrier italien), ostéosarcome chez les grandes races, et dans quelques lignées, une sensibilité à la sensibilité à la MDR1 (mutation génétique affectant certains médicaments). Pour tout ce qui concerne la Santé et soins des animaux, un suivi vétérinaire régulier reste la meilleure prévention.
Alimentation et poids
Un lévrier en bonne santé a une silhouette fine — on doit voir les deux ou trois dernières côtes. Ce n’est pas un signe de maigreur pathologique, c’est la norme pour ces races. Beaucoup de propriétaires inexpérimentés surnourrissent leur lévrier parce qu’ils le trouvent « trop maigre ». Résultat : un animal en surpoids qui souffre inutilement.
L’alimentation doit être de bonne qualité, riche en protéines animales. Les quantités sont à ajuster selon le niveau d’activité : un Greyhound qui fait de la coursing amateur ne mange pas pareil qu’un lévrier de salon.
Entretien du pelage et hygiène
La plupart des lévriers à poil ras (Greyhound, Whippet, Galgo) demandent peu d’entretien côté pelage : un gant de toilettage une fois par semaine suffit. Les races à poil long comme le Borzoi ou le Saluki exigent des brossages plus réguliers pour éviter les nœuds. L’hygiène dentaire mérite une attention particulière, surtout pour le Lévrier italien, très sujet aux maladies parodontales.
Adopter un lévrier : ex-coureurs et associations
Le cas des Greyhounds et Galgos retirés des courses
Chaque année, des milliers de Greyhounds et de Galgos sont retirés des circuits de course, souvent en bon état de santé mais sans jamais avoir vécu en famille. Des associations spécialisées — SOS Galgo, Greyhound Rescue et bien d’autres — assurent leur transition vers une vie domestique. Ces chiens apprennent vite les règles de la maison. Beaucoup trouvent leur rythme en quelques semaines.
Adopter un ex-coureur a un côté satisfaisant difficile à expliquer à ceux qui n’ont pas essayé. Ces animaux passent souvent d’une vie en chenil à une vie de canapé du jour au lendemain — et ils s’y adaptent avec une sérénité déconcertante.
Choisir entre chiot et adulte
Un lévrier adulte présente un avantage concret : son caractère est déjà formé. On sait ce qu’on prend. Un chiot lévrier, comme tout chiot, demande du temps, de la patience et une éducation rigoureuse. Les associations recommandent souvent l’adoption d’un adulte pour les primo-adoptants, précisément parce que le tempérament est prévisible et la transition plus douce.
Questions fréquentes
Un lévrier peut-il vivre en appartement ?
Oui, à condition de lui offrir des sorties régulières avec des phases de course libre dans un espace clôturé. Le lévrier est calme à l’intérieur et n’aboie pas beaucoup, ce qui en fait un bon candidat pour la vie en appartement. Un Whippet ou un Lévrier italien convient mieux à cet usage qu’un Borzoi ou un Greyhound de grande taille.
Quelle est la durée de vie d’un lévrier ?
La durée de vie varie selon la race. Un Whippet vit en moyenne 12 à 15 ans. Un Greyhound, 10 à 13 ans. Le Lévrier italien, malgré sa petite taille, affiche une espérance de vie de 13 à 15 ans. Les grandes races comme le Borzoi vivent généralement 9 à 12 ans. Une alimentation adaptée et un suivi vétérinaire régulier font une vraie différence.
Le lévrier est-il difficile à éduquer ?
Pas difficile, mais différent. Le lévrier est sensible et indépendant : les méthodes coercitives sont contre-productives. Avec le renforcement positif, il apprend bien et assez vite. Le principal défi reste le rappel en extérieur — son instinct de poursuite est très fort et peut prendre le dessus sur n’importe quel ordre appris en situation calme.
Quelle différence entre un Greyhound et un Whippet ?
Le Greyhound est plus grand (25 à 35 kg) et plus rapide (jusqu’à 70 km/h). Le Whippet est plus compact (7 à 14 kg) et légèrement moins véloce, mais plus polyvalent au quotidien. Le Whippet est souvent considéré comme plus facile pour une première expérience avec les lévriers, notamment en présence d’enfants. Les deux races ont un tempérament doux et peu agressif.
Faut-il un jardin pour avoir un lévrier ?
Un jardin est un plus, mais pas une obligation absolue. Ce qui compte, c’est la possibilité de le laisser courir librement dans un espace sécurisé plusieurs fois par semaine. Des parcs canins clôturés ou des terrains privés peuvent remplacer un jardin personnel. En revanche, laisser un lévrier sans laisse dans un espace ouvert est risqué : son instinct de course peut le mettre en danger en quelques secondes.